Plongez au cœur des réalités vécues par les acteurs du territoire de Sainte-Suzanne : exploitants agricoles, gardes forestiers, bénévoles et riverains racontent l'impact concret de nos initiatives concertées.
Par Pierre Vurpillot, exploitant agricole à Sainte-Suzanne.
« Au printemps 2026, la météo pluvieuse a retardé les semis sur nos terres argileuses des Côteaux de Roses. Lorsque les grains ont commencé à germer, l'odeur du maïs a immédiatement attiré une compagnie d'une quinzaine de sangliers cantonnée dans le vallon boisé voisin. En deux nuits, près de quatre-vingts ares ont été méthodiquement retournés. J'ai alors immédiatement contacté Jean-Marc Mercier, président de l'ACCA.
Dès le lendemain soir, quatre bénévoles de l'association étaient sur place avec un équipement complet de clôtures électrifiées à batterie solaire. En moins de trois heures, nous avons ceinturé plus de deux kilomètres de périmètre sensible. Les chasseurs ont assuré des rondes de dissuasion nocturne pendant toute la levée de la plante. Résultat : pas un seul grain supplémentaire n'a été prélevé par les suidés. Cette réactivité bénévole m'a évité une perte financière estimée à plus de six mille euros. C'est cela, la véritable solidarité rurale. »
Par Sophie Jeannin, bénévole écocitoyenne résidant à Sainte-Suzanne.
« Je ne suis pas chasseuse et je ne possède pas de permis de chasser, mais j'aime profondément la forêt de notre commune où je me promène quotidiennement avec mes enfants. Lorsque j'ai vu l'appel au bénévolat lancé par l'ACCA pour la restauration de la Mare des Écureuils, un ancien trou de bombe de la Seconde Guerre mondiale complètement comblé de branchages morts, j'ai décidé de participer.
Pendant toute une matinée de mars 2026, nous étions une quinzaine d'habitants, jeunes et retraités, encadrés par Stéphane Perrot. Nous avons dégagé les débris végétaux, aménagé des berges en pente douce et consolidé les pourtours avec des fascines de noisetier. Deux mois plus tard, la mare était pleine d'eau claire et grouillait déjà de têtards et de demoiselles bleues. Travailler main dans la main avec des chasseurs m'a fait comprendre la sincérité de leur engagement écologique pour notre patrimoine commun. »
Par Marc Boichat, président d'un club de VTT du Pays de Montbéliard.
« Pratiquer le VTT sur les crêtes de Sainte-Suzanne le week-end suscite parfois des craintes d'incident avec les chasseurs. Mais avec l'équipe de La Saint-Hubert, les choses sont radicalement différentes. Nous recevons chaque mois les cartes prévisionnelles des zones d'action.
Lors d'une sortie en janvier 2026, nous avons rencontré un chef de ligne posté près d'un carrefour forestier. Il nous a accueillis avec le sourire, nous a expliqué précisément le périmètre d'action en cours et nous a orientés vers un sentier de contournement magnifique que nous ne connaissions même pas. Cette transparence et cette courtoisie désamorcent toutes les tensions. La nature appartient à chacun dès lors que le respect et la clarté guident nos pas. »
Par Christian Gaiffe, propriétaire forestier privé à Sainte-Suzanne.
« Planter ou laisser se régénérer des chênes exige vingt à trente ans de patience. Si les chevreuils abroutent la pousse terminale chaque hiver, l'arbre buissonne et perd toute valeur d'avenir. Grâce au plan de gestion scrupuleux conduit par l'ACCA en 2025-2026, nous constatons enfin une reprise vigoureuse des semis spontanés sur nos parcelles forestières sans avoir à engager des frais exorbitants de manchons grillagés individuels. Leur rôle de régulateur sylvicole est inestimable pour l'avenir de nos massifs du Doubs. »
Rejoignez nos volontaires lors des prochains chantiers participatifs ou des sorties de comptage de printemps à Sainte-Suzanne.